« Notre société doit être en capacité d’élever chacun au-delà de ce qu’il est ! »

Emmanuel Macron

 Qu’on veuille le reconnaître ou non, Emmanuel Macron dépoussière le système politique, composé d’apparatchiks français établis depuis des lustres. Avec un style à la Kennedy, « il est pressé, le jeunot », peut-on entendre ici ou là dans ce vieux pays où la politique est un job qui se transmet de génération en génération.

Le 25 août 2014, le président de la République, François Hollande, le nomme ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, un poste prestigieux qu’il est tout à fait légitime d’occuper puisqu’il est banquier de formation. Banquier d’affaires chez Rothschild : son CV fait pâlir d’inquiétude la gauche. Au moins, il ne manque pas d’ambition. Dans ce pays où on aime que chacun reste à sa place, Macron n’hésite pas à remettre en cause l’ordre établi. À 38 ans, il est tout simplement un homme de son temps et, cela, les ténors de la vie politique française détestent !

Emmannuel Macron est diplômé du prestigieux lycée Henri IV où il obtient son bac avec mention très bien. Puis il étudie la philosophie à la faculté de Nanterre. Enfin, il est diplômé de l’ENA, promotion Léopold Sédar Senghor, en 2004. Comment se voit-il ? Comme un self-made-man qui a gravi les échelons à la force de son intelligence.

D’origine picarde, Macron est principalement élevé par sa grand-mère après le divorce de ses parents. C’est peut-être la raison inconsciente qui l’amène à tomber amoureux d’une femme de vingt ans son ainée, et accessoirement sa prof de littérature, désormais son épouse.

Il ne demande qu’à dire le réel. Il comprend l’importance de l’histoire dans la gouvernance d’un pays. Il admire Chevènement et De Gaulle et croit en l’action politique et en un État fort, capable de soutenir l’industrie française. Il reconnaît cependant que notre époque est « celle de la mondialisation où la décision est décentralisée, avec une économie de l’innovation, de la rupture, de la rapidité et de l’ajustement » et affirme avec justesse : « si on reste avec les mêmes régulations, les mêmes discours, les mêmes représentations, on est mort ». Macron est capable de gaffer, par exemple avec la polémique sur les « illettrés » de l’entreprise Gad, mais il est aussi capable de s’excuser sincèrement, ce qui est un plus en politique. Il plaide pour un « capitalisme français » :

l’État doit être stratège pour protéger et développer son économie. Mais c’est la liberté d’entreprendre qui permet à l’économie d’un pays de rester performante. Il note que le système est « épuisé », il veut bâtir en unissant les Français. Son constat : la France est divisée entre les déclinistes et les progressifs ; comment les rassembler en un groupe qui regarde dans la même direction ? Refonder le pays ! Il veut être président ! Un président qui serait au-dessus des partis politiques. Une sorte de monarque républicain, libéral, protecteur et moderne. Il veut faire rayonner la France universaliste sur « le reste du monde », renforcer la solidité des institutions et garder la tête froide face à l’émotion populaire.

C’est  un penseur pour qui le sens est important, et qui, lui, n’a pas besoin qu’on lui écrive ses discours : « nous avons progressivement abîmé cet élitisme ouvert et républicain qui permettait à chacune et chacun, d’où qu’il vînt, de progresser (…) nous sommes un société de plus en plus endogame, nous sommes une société où les élites se ressemblent de plus en plus, nous sommes une société où nous avons construit de plus en plus la capacité à fermer la porte ». Il est capable de penser au-delà du politiquement correct et cela, l’establishment donneur de leçons, qui confond volontairement toute explication en justification, le déteste.

La seule chose que l’on puisse dire avec assurance sur Emmanuel Macron, c’est qu’il ne manque ni d’audace, ni de connaissances, ni de réflexion. Mais est-ce que ce sont vraiment des qualités pour devenir président en France ?

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