Voilà que Leonardo Di Caprio se met au documentaire ! On le connaissait comme acteur passionné de jeunes filles blondes, on le retrouve en porte-voix de la lutte contre le réchauffement climatique et, finalement, pourquoi pas ?

Bien sûr, il y aura toujours des voix discordantes qui rappelleront à Di Caprio ses propres contradictions et son mode de vie qui n’arrange pas toujours la question. Mais il est audible, le film est accessible et, c’est sûrement l’élément le plus efficient, à aucun moment il n’est ennuyeux.

Nous avons adoré la description du tableau Le Jardin des délices, de Jérôme Bosch, qui nous permet d’entrer en la matière ; c’est simple, mais efficace. En effet, avec un storytelling très bien maîtrisé, Di Caprio a l’intelligence de nous expliquer ce qui l’a amené à défendre cette cause. Alors, oui ! La rencontre avec Ban Ki-moon au siège de l’ONU ou la manifestation dans les rues de New York sont un peu pompeuses. C’était à éviter afin que le film ne passe pas pour de l’autopromotion en se donnant un côté « utile à la société ». Mais, finalement, cette critique ne tient pas : Di Caprio a l’honnêteté d’avouer qu’il n’y connaît rien, ce qui le place du même côté que le spectateur.

La chose la plus importante qui ressort de ce film est qu’il nous faut trouver une alternative aux énergies fossiles. Nous sommes dépendants et pour satisfaire la demande croissant de manière exponentielle, on détruit de plus en plus notre écosystème. Destruction de montagnes pour le charbon, fracture hydraulique pour le gaz naturel, forage off shore pour le pétrole, sans parler de la technique des sables bitumineux à cause desquels on rase d’immenses forêts et empoisonne les cours d’eau pour produire du pétrole de synthèse. Le résultat : la scène avec l’ours blanc seul sur son bloc de glace qui fond est saisissante.

Le but de Leonardo Di Caprio est de nous faire prendre conscience de l’urgence. C’est une réussite, car les séquences composées de témoignages nous plongent au cœur du problème. Maintenant, personne ne peut dire : « je ne savais pas ». Pas même Marco Rubio, Ted Cruz ou encore Donald Trump, ainsi que tous les autres sceptiques, dont le Wall Street Journal ou Fox News, dirigée par le lobbying industriel des énergies fossiles, et notamment Koch Industries qui contrôle le Congrès américain. Une nation contrôlée par les lobbies ! C’est là que la cause pour le climat devient la cause pour la démocratie.

Les États-Unis ne sont pas les seuls à blâmer, c’est notre faute à tous. La Chine, qui est devenue le plus grand pollueur, doit aussi prendre à bras le corps le problème de l’utilisation des énergies fossiles. Au vu du film, c’est ce qu’elle fait : il y a un mouvement massif vers l’éolien et le solaire, mais est-ce suffisant ? L’Inde, troisième plus grand pollueur, se bat contre la pauvreté et subit des coupes d’électricité régulières (trois cents millions de personnes vivent toujours sans électricité) ; il lui faut donc produire une électricité peu chère. Ce pays a d’immenses réserves de charbon, très économique, ce qui risque, si on ne trouve pas de solution alternative propre, d’aggraver le problème.

Le documentaire met l’accent sur l’huile végétale la moins chère du monde, pour laquelle les forêts tropicales sont rasées : l’huile de palme, qui entre dans la composition de nombre de nos aliments. Elle est dangereuse pour la santé et, grâce à la corruption, sa culture continue à s’étendre. La méthode utilisée est de brûler la forêt pour y installer des plantations. Nous pouvons bien sûr boycotter les produits à base de cette huile, mais le système est bien ficelé : les industriels peuvent juste décider de ne plus inscrire la mention sur les emballages et nous induire en erreur.

L’élevage bovin est également particulièrement ravageur à cause de la production de méthane, plus nocif que le C02, et des cultures pour nourrir le bétail. Mieux vaut, semble-t-il, manger de la volaille.

Y a-t-il des solutions pour éviter la catastrophe ? Les méthodes de récupération de l’énergie solaire sont trop chères et pas assez productives. Au vu des besoins en croissance permanente, elles doivent absolument être améliorées. L’éolien pose aussi de nombreux problèmes  il faut le reconnaître.

Investir ? Qui ? Mettre en place une taxe carbone ? Elle taxerait les activités qui produisent des gaz à effet de serre et donc ferait augmenter le prix de ces produits. Moins de demandes engendreraient la diminution de l’offre, encore faut-il convaincre l’opinion publique de faire pression sur les politiques. Avons-nous encore le temps ?

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